Louer à Alicante absorbe désormais 38 % du revenu du ménage, acheter 27 %
Marché immobilier

Louer à Alicante absorbe désormais 38 % du revenu du ménage, acheter 27 %

Arseny Berzins · Co-Founder, Bravos Estate·

Louer un logement dans la ville d'Alicante absorbe désormais 38 % du revenu net d'un ménage moyen, quand l'acheter n'en absorbe que 27 %. Les chiffres viennent de l'étude d'idealista sur le taux d'effort immobilier publiée le 18 août 2026 sur les données du deuxième trimestre — et c'est l'écart de 11 points entre les deux qui mérite d'être lu deux fois.

À l'échelle de l'Espagne, la même étude situe l'effort locatif à 39 % du revenu net du ménage contre 29 % pour l'achat, soit 10 points d'écart. Neuf capitales de province dépassent désormais la barre des 30 % que les économistes du logement considèrent comme le plafond raisonnable pour un loyer. Alicante en fait partie, à égalité avec Madrid, seulement devancée par Palma (45 %), Malaga (40 %) et Valence (39 %).

Ce que mesure le taux d'effort : la part du revenu annuel net d'un ménage absorbée par le logement — le loyer d'un appartement type de deux chambres, ou la mensualité du crédit pour un achat aux taux actuels. Les revenus proviennent des statistiques de l'INE, les loyers et les prix des annonces d'idealista, et le coût du crédit est actualisé avec les taux de la BCE. Le chiffre de l'achat ne couvre que la mensualité du prêt : il exclut l'apport ainsi que les 10–13 % de taxes et de frais qui accompagnent toute acquisition en Espagne.

Le classement des capitales

Le classement ci-dessous est le versant locatif de l'étude : la part du revenu net du ménage qu'absorbe la location d'un logement de deux chambres dans chaque capitale.

CapitaleLoyer, % du revenu net
Palma45 %
Malaga40 %
Valence39 %
Madrid38 %
Alicante38 %
Barcelone34 %
Ségovie34 %
Santa Cruz de Tenerife31 %
Las Palmas de Gran Canaria31 %
Séville30 %
Bilbao30 %
Ciudad Real / Teruel (minimum)19 %

Côté achat, seules cinq capitales franchissent les 30 % : Palma (48 %), Madrid (39 %), Saint-Sébastien (36 %), Malaga (35 %) et Barcelone (32 %). Alicante, à 27 %, n'en fait pas partie. À l'échelle des provinces, le schéma se répète : la location absorbe 37 % du revenu dans la province d'Alicante, contre 58 % dans celle de Malaga et 48 % aux Baléares.

La comparaison qui compte : rien n'est devenu moins cher. Dans l'édition précédente d'idealista, publiée en juin sur les données du premier trimestre, l'effort locatif national était de 35 % et l'effort d'achat de 25 %. Les deux ont grimpé de quatre points en un seul trimestre. Ce qui a survécu au mouvement, c'est l'écart : louer coûte toujours environ dix points de revenu de plus que posséder le même logement.

Pourquoi l'écart est maximal sur la côte

Le mécanisme derrière ces chiffres est celui que nous avons décrit quand BBVA a révisé sa prévision 2026 : l'Espagne ne construit pas au rythme où se forment ses ménages. BBVA table sur 153 000 mises en chantier dans une année qui verra apparaître 223 000 nouveaux ménages, et chiffre le déficit accumulé à environ 885 000 logements d'ici 2027. Une pénurie de logements se lit dans les loyers avant tout le reste, parce qu'un locataire ne peut pas différer sa décision comme le peut un acheteur.

Sur la Costa Blanca, une seconde force pousse dans le même sens. Demande touristique et demande résidentielle se disputent le même parc : la location saisonnière sur la côte d'Alicante a tourné cet août à 92,2 % d'occupation, le taux le plus élevé du littoral continental espagnol. Là où un propriétaire peut louer à la semaine l'été, l'offre à l'année s'amenuise et les loyers du parc restant s'ajustent en conséquence.

Là où ce chiffre cesse d'être utile

Trois limites — à garder en tête avant de citer les 27 % comme argument pour acheter demain.

D'abord, le chiffre de l'achat est une mensualité de crédit, pas le coût d'une acquisition. Il suppose l'apport déjà disponible et ignore les 10–13 % de droits de mutation, de notaire, de registre et de frais juridiques qui s'ajoutent au prix en Espagne. Notre ventilation des frais d'achat traduit cela en euros.

Ensuite, le volet crédit ne reste pas immobile. L'Euribor à 12 mois a clôturé juillet à 2,855 %, sa deuxième hausse mensuelle consécutive, et les cotations quotidiennes de la mi-août tournent autour de 2,9 %. La moyenne officielle d'août tombe le 1er septembre, et la BCE — qui a maintenu son taux à 2,25 % le 23 juillet — ne se réunit plus avant septembre. Chaque mois où l'indice dérive vers le haut, l'effort d'achat monte avec lui.

Enfin, ce sont des moyennes de ville et de province bâties sur des loyers et des prix affichés. La ville d'Alicante n'est ni Villajoyosa ni Torrevieja. Le chiffre décrit la pression sur un marché, pas le coût d'un logement précis.

Ce que cela change pour l'acheteur particulier

1. Louer en attendant de se décider a un prix mesurable

Pour qui compte passer des années sur cette côte, l'étude chiffre le coût de la salle d'attente : louer un logement équivalent coûte à Alicante environ onze points de revenu annuel de plus que le posséder. C'est le prix d'une décision différée — et il ne dépend d'aucune prévision de prix.

2. Le financement se prépare, il ne se subit pas

Le vieux plan — attendre que l'argent redevienne bon marché — ne tient plus, du moins pour l'instant. Avec un Euribor qui dérive vers le haut plutôt que vers le bas, la démarche utile est de savoir ce qu'une banque espagnole vous prêtera réellement, et à quelles conditions, avant d'arrêter votre présélection. Notre guide du crédit immobilier pour acheteurs étrangers détaille les quotités et les taux actuels pour non-résidents.

3. Si vous achetez pour louer, c'est le versant locatif de ces données qui constitue l'opportunité — avec une réserve sur les licences

Des loyers qui montent plus vite que les revenus : voilà pourquoi la location de longue durée sur la Costa Blanca reste rentable sur le papier. Mais la location saisonnière est désormais une affaire de licence, pas de marketing : Malaga a gelé les nouvelles licences touristiques pour trois ans, et d'autres municipalités serrent la vis. Lisez comment fonctionne la mise en location en pratique avant de compter sur des revenus de location saisonnière, et consultez notre point sur les zones de la Costa del Sol où des licences restent disponibles.

Perspectives

Deux dates à surveiller. La moyenne officielle de l'Euribor à 12 mois pour août paraît le 1er septembre, et la BCE se réunit de nouveau le même mois — ces deux rendez-vous fixent le côté achat de ce ratio. La prochaine édition de l'étude d'idealista, sur les données du troisième trimestre, est attendue en novembre : elle dira si la pression locative est retombée une fois la saison terminée. Côté offre, rien ne change vite : le déficit décrit par BBVA se résorbe en années, pas en trimestres.

Pour un acheteur sur la Costa Blanca, la conclusion pratique est limitée mais solide. Les chiffres d'effort disent que dans cette province, aux loyers et aux taux d'aujourd'hui, posséder le logement que l'on habite absorbe moins de revenu que le louer — et que les deux courbes s'écartent au lieu de converger. Ce que les chiffres ne font pas, c'est choisir le logement. Cela reste affaire de savoir lequel des projets disponibles actuellement correspond à votre budget et à votre calendrier.

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